Qui est Sainte Marie-Madeleine ?

Femme pécheresse convertie par le Christ,

Élevée par la grâce du Christ ressuscité, devenue l’apôtre des apôtres.

Dès les premiers siècles chrétiens, pénitents, saints, rois, papes, viennent accomplir leur pèlerinage à la grotte de la Sainte-Baume auprès de Sainte Marie-Madeleine.
Cette femme est celle dont le Christ a chassé sept démons. Une fois purifiée, elle devient avec les douze et quelques autres femmes, disciple de Jésus-Christ, notre Seigneur. Elle est l’un des rares disciples à se tenir au pied de la croix, versant toutes ses larmes à celui qui s’offre sur le bois de la croix. Au matin de Pâques, sainte Marie-Madeleine reconnaît dans le jardinier le Christ ressuscité. Il lui demande d’annoncer à ses apôtres qu’il est ressuscité, ce qui vaut à sainte Marie-Madeleine le titre d’Apôtre des apôtres.
Selon la légende, peu de temps après, Marie-Madeleine embarque avec son frère Lazare et sa soeur Marthe pour l’occident. Elle arrive aux Saintes Maries de la Mer. Elle accompagne Lazare à Marseille. Elle continue son chemin en suivant le cours de l’Huveaune et vient s’établir à la Sainte-Baume pour y passer les trente dernières années de sa vie. Elle offre toute sa vie en pénitence pour la conversion des pécheurs.

Les pèlerins qui viennent encore aujourd’hui à la grotte seront surpris par la présence inestimable de la sainte qui conduit tous ceux qui s’y disposent au Christ notre Seigneur.

Est-elle la pécheresse pardonnée et Marie de Béthanie ?

Depuis saint Grégoire le Grand (VIe siècle), les docteurs et pères de l’Eglise voient dans la pécheresse pardonnée (Lc 7, 36-50) et Marie de Béthanie (Lc 10, 38-42; Jn 11, 1- 43; Jn 12, 1-11) une seule et unique femme, Marie-Madeleine.
L’unité du personnage peut certes être contestée mais prise dans cette unité, elle étonne par le chemin spirituel qu’elle nous invite à vivre.

La pécheresse pardonnée

L’Évangile – Lc 7, 36-50

Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table. Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum. Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum.
En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. » Jésus prit la parole : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. – Parle, Maître. » Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante. Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l’aimera davantage ? » Simon répondit : « C’est celui à qui il a remis davantage, il me semble. — Tu as raison », lui dit Jésus.
Il se tourna vers la femme, en disant à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré chez toi, et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis son entrée, elle n’a pas cessé d’embrasser mes pieds. Tu ne m’as pas versé de parfum sur la tête ; elle, elle m’a versé un parfum précieux sur les pieds. Je te le dis : si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c’est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. »
Puis il s’adressa à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. » Les invités se dirent : « Qui est cet homme, qui va jusqu’à pardonner les péchés ? » Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »

Méditation

Marie-Madeleine a, de par sa naissance, eu beaucoup de facilités. Tous les biographes admirent en elle sa beauté, sa délicatesse, son intelligence. Elle devient l’incontournable hôte de chaque festin donné dans le milieu branché de l’époque. Quand elle apparaît à chaque fête, tous les regards se rivent sur elle. Petit à petit, elle en vient à y prendre goût et l’esprit du monde l’emprisonne. Son désir de la chair, son désir du gain, son désir des honneurs viennent entraver son esprit. Au départ, elle y prend goût puis petit à petit, elle se dessèche intérieurement jusqu’au moment où elle se sent vide et si malheureuse. Qui pourrait la sortir de ce milieu, de cet enfermement?
Dans son chemin entre Béthanie et Magdala, elle entend parler d’un homme qui lui aussi va de chemin en chemin, de Jérusalem à Capharnaüm, de Samarie en Galilée. Elle entend dire de lui qu’il opère prodiges sur prodiges : il guérit, il parle avec autorité, il pardonne. Des hommes viennent à sa suite comme ce célèbre publicain véreux, Lévi. Certains pharisiens sont outrés par l’attitude de cet homme du nom de Jésus. Il se prend pour qui, pour le Fils de Dieu ? Qui est-il, ce juif, pour manger à la table des pécheurs? Qui est-il, ce Jésus pour pardonner les péchés ? Jésus, celui qui sauve, réplique aux pharisiens : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin de médecin, mais les malades; je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs, au repentir » (Lc 5, 31-32). Cette phrase est décisive dans la vie de Marie-Madeleine. Elle reconnaît humblement qu’elle est malade et pécheresse. Peut-être se dit-elle: « il peut me guérir. Je vais aller à lui, j’irai le rencontrer et s’il est vraiment le médecin de toute âme alors il me guérira ».
La chance de le rencontrer survient quand Marie-Madeleine entend dire qu’il est invité chez Simon le pharisien. Elle se prépare à y aller. Elle va à sa rencontre. Elle surgit en plein milieu du festin, se jette à ses pieds et dépose sur ses pieds toutes les larmes de son repentir. Avec humilité, elle prend ses cheveux et essuie les pieds du Christ. Elle les embrasse et y dépose un parfum d’un grand prix. Le Christ, face aux pensées de Simon qui juge cette femme, prend sa défense et dit à Simon : « ses nombreux péchés lui sont pardonnés parce qu’elle a beaucoup aimé ». (Lc 7, 47). Puis le Christ s’adresse à Marie-Madeleine : « tes péchés sont pardonnés (Lc 7, 48) ; ta foi t’a sauvée, va en paix (Lc 7, 50). »

A la suite du Christ

L’Évangile – Lc 8, 1-3
Ensuite Jésus passait à travers villes et villages, proclamant la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l’accompagnaient, ainsi que des femmes qu’il avait délivrées d’esprits mauvais et guéries de leurs maladies : Marie, appelée Madeleine (qui avait été libérée de sept démons), Jeanne, femme de Kouza, l’intendant d’Hérode, Suzanne, et beaucoup d’autres, qui les aidaient de leurs ressources.

Méditation
Ainsi délivrée de tous ses péchés, exorcisée de tous ses démons, Marie-Madeleine, légère et rayonnante du pardon de Dieu, est désireuse de suivre le Christ et de l’assister de ses biens. Le Christ l’appelle à prendre place au sein de son troupeau. Le Christ, pasteur par excellence, rassemble ses brebis. Il édifie son corps. Des apôtres aux saintes femmes, tous se mettent en marche. Ils vont de villages en villages proclamer le Royaume des cieux. Les disciples et les femmes dont Marie-Madeleine ont le privilège de recevoir des enseignements particuliers. Le Christ leur enseigne un des point capital de son enseignement : la disposition spirituelle à acquérir afin d’être un disciple. Marie-Madeleine écoute attentivement les paroles du maître. Elle en retient deux piliers fondamentaux : être pauvre comme le Christ s’est fait pauvre et être docile à l’Esprit-Saint.
Après avoir été touchée par la grâce, Marie-Madeleine prend conscience du bonheur auquel le Christ nous appelle. Ce bonheur dépasse nos attentes humaines, il est divin. Comme tout véritable bonheur, il est à construire. L’édification du bonheur de Dieu appelle une exigence. Cette exigence est avant tout un appel à la pauvreté. La pauvreté à laquelle nous appelle le Christ est d’abord spirituelle avant d’être matérielle. La pauvreté matérielle est le signe visible d’une véritable pauvreté spirituelle. Cette pauvreté consiste à renoncer à soi-même, c’est-à-dire renoncer à tout ce qui nous empêche d’aller librement à Dieu. Renoncer revient à refuser nos plaisirs égoïstes pour être tout tourné vers Dieu et vers l’autre. Le Christ nous appelle à renoncer à tous nos trésors terrestres, à nos désirs impurs, à nos manières si humaines de penser, de réfléchir, d’aimer, d’agir. Il nous invite à déposer sur ses épaules tous nos fardeaux, nos difficultés, nos échecs, nos problèmes, nos joies humaines pour se revêtir des soucis du Christ et de ses préoccupations. Déposer ses fardeaux au Christ revient à se charger de son joug. Il nous invite à regarder nos préoccupations avec son regard. « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger » (Mt 11, 28-30). Renoncer, c’est déposer aux pieds du Christ tout notre être afin que par sa grâce, il nous élève à la vie que Dieu veut pour nous. « Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera » (Lc 9, 24). Renoncer à soi-même revient à dire un oui libre et sincère à l’appel de Dieu.
Cette pauvreté à laquelle nous invite le Christ est une disposition pour accueillir la richesse de Dieu et se laisser façonner par la grâce. La grâce de Dieu agit dans le cœur de l’homme qui est disponible à la grâce. Être disponible requiert l’humilité de cœur, la docilité à l’Esprit-Saint. Marie-Madeleine se dispose par l’humilité à laisser la grâce agir au plus intime d’elle-même. Dans ses prières, elle demande à Dieu de venir en elle pour qu’il fasse sa demeure. « Seigneur, permets que je me laisse façonner par ta grâce, que je me laisse réconcilier par ton pardon, que je me laisse transformer par ta parole, que je me laisse porter par le Christ, que je me laisse conduire par ton Fils, que je me laisse guérir par le véritable médecin des cœurs, que je me laisse remettre dans le bon sens par celui que tu as envoyé, Toi, le chemin, la vérité et la vie ». Être docile à l’Esprit revient aussi à avoir une confiance inaltérable en Dieu. En faisant confiance à Dieu, je permets qu’il agisse au plus intime de mon cœur. J’ai confiance en Lui car je sais que Lui seul me connaît, Lui seul connaît les chemins à emprunter pour trouver le bonheur ultime. Lui seul connaît le bien véritable qui correspond à ce que je suis. Lui seul connaît le bien auquel il m’appelle pour Le servir. Lui seul connaît le lieu où je pourrai être le plus épanoui, le plus heureux et me donner sans compter comme Lui-même s’est totalement donné.

La contemplation : Marthe et Marie

L’Évangile – Lc 10, 38-42
Alors qu’il était en route avec ses disciples, Jésus entra dans un village. Une femme appelée Marthe le reçut dans sa maison. Elle avait une soeur nommée Marie qui, se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien ? Ma soeur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m’aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses. 42 Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée. »

Méditation
Tu comprends pourquoi le Christ demande à ses disciples l’exigence du renoncement et de l’abandon et la docilité à la grâce. Ces dispositions sont indispensables pour se mettre en marche, pour mettre ses pas dans ceux du Christ. Et maintenant, que les belles oeuvres commencent. Elle est toujours la première à poser des questions, à quémander les enseignements, à ouvrir grand ses oreilles quand le maître parle. Car une chose est de se disposer à tout recevoir du Christ. Une autre est de recevoir, d’être à l’écoute de la parole de Dieu, de tenter de la mettre en pratique et de construire l’homme vertueux. Car la disposition de cœur ne vaut que si nous sommes en quête de vérité et d’amour de Dieu. Marie-Madeleine comprend alors l’importance de la sagesse biblique. Ecoute, Israël. Ecoute. Tends l’oreille, cherche la vérité, reçois la de la part de ton Dieu, accueille la parole de Dieu semée dans ton coeur, enracine-toi dans le Verbe de Dieu, laisse germer la graine que le Christ a déposé dans ton intelligence. Sois éclairé par la lumière du prophète par excellence. Et alors, tu comprendras comment Dieu aime et tu ne désireras qu’une seule chose, aimer comme Dieu aime. Tu aimeras Dieu plus que tout et tes frères dans un véritable amour qui vise le bien de Dieu. Plus tu poseras des paroles d’amour, plus tu poseras des actes réfléchis, plus en toi se lèveront les vertus, plus tu désireras proclamer les merveilles de Dieu. En étant à la suite du Christ, une fois libérée de tous ses péchés et de tous ses démons, Marie-Madeleine prend conscience de la chance qu’elle a d’être auprès du Christ. Elle se laisse conduire par lui, rien, se dit-elle, ne pourra la troubler. Le Christ est là, Jésus est présent dans ma vie, de qui aurai-je crainte?
En restant aux pieds du Christ, en étant auprès de la source d’eau vive, en comblant ta soif véritable, tu nous montres l’importance, la nécessaire, l’ultime tâche de toute vie humaine, de notre être, de nos attentes. En prenant ta défense, le Christ te montre le terme de ta vie, voir Dieu dans la vie éternelle. Il te fait comprendre ce pour quoi il nous a créés : être en Dieu et partager sa vie. Il t’assure qu’il est bien celui qui étanche ta soif. Quel bonheur tu as d’écouter sa voix. Tu le regardes et tu le vois, lui le Verbe qui était auprès de Dieu et qui a pris notre condition humaine. Le Christ te donne de vivre un moment privilégié et personne ne peut te l’ôter. Tu goûtes, à cet instant, ce que seront les délices de la vie éternelle, la douceur de la divine parole. Tu es nourri par le Christ. Tu jouis dès maintenant des délices de ce que sera le divin banquet dans le Royaume. Tu te nourris à la table du Seigneur. Tu te rappelles en cet instant de cette rencontre que le Christ a eu avec la samaritaine. Le Christ lui avait dit : « Je suis l’eau vive. Qui boit de cette eau vivra à jamais. L’eau que je donne devient en celui qui la reçoit source d’eau jaillissant en vie éternelle » (Jn 4, 14). As-tu compris Madeleine ce que le Christ te montre ? Ce que sera la vie éternelle. La vie éternelle est la contemplation du mystère de Dieu, de sa vérité, de sa bonté, de son unité avec le Père et l’Esprit-Saint, de sa simplicité, de son amour, de sa beauté. Aura-t-on faim et soif toujours ? « Un jour nous serons unis intimement et définitivement à la pure et parfaite Bonté de Dieu, nous n’aurons plus besoin de subvenir aux besoins du corps, et nous serons pleinement heureux : ne manquant de rien, possédant tout, n’ayant plus rien à chercher. Nous serons enivrés de l’abondance de la maison de Dieu ; nous serons rassasiés lorsque se manifestera sa Gloire. Voilà ce que Marie avait compris ! Si elle ne possédait pas encore cette vie intimement et définitivement, elle possédait du moins Celui qui, étant tout, enivre et rassasie. Telle était la part, la meilleure, que Marie s’était choisie ; jamais elle ne lui sera ôtée. » Saint Augustin

L’amitié : La résurrection de Lazare

L’Évangile – Jn 11, 1-4.32-35.39.42-44
Un homme était tombé malade. C »était Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de sa soeur Marthe. (Marie est celle qui versa du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. Lazare, le malade, était son frère.) Donc, les deux soeurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
(…) Elle arriva à l’endroit où se trouvait Jésus ; dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus fut bouleversé d’une émotion profonde. Il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Viens voir, Seigneur. » Alors Jésus pleura.
Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » (…). Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais si j’ai parlé, c’est pour cette foule qui est autour de moi, afin qu’ils croient que tu m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains attachés, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »

Méditation
Cette amitié du Christ est réelle. Jésus aime Marthe, Marie et Lazare. Par quatre fois dans ce texte, l’évangéliste Jean l’atteste. Une première fois, quand Jésus apprend que Lazare est malade, Marthe et Marie font dire à Jésus : « celui que tu aimes est malade ». Tout de suite après, alors que Jésus décide malgré la nouvelle de demeurer encore deux jours dans le lieu où il se trouvait, Jean fait cette remarque : Jésus aimait Marthe, sa soeur et Lazare. Ensuite, quand Jésus commence sa route vers Béthanie, il parle à ses disciples de Lazare comme de son ami. Les juifs eux-mêmes, quand ils voient Jésus pleurer auprès de Marie-Madeleine en larmes, disent: « voyez comme il l’aimait ». Toutes ces paroles nous montrent la relation d’amitié qui existait entre Jésus et la famille de Béthanie.
Cette amitié est l’occasion de comprendre la véritable sens de l’amitié, un amour véritable qui dépasse nos horizons humains. Sachant que son ami Lazare était malade, Jésus n’accourt pas tout de suite à son chevet. La première démarche qu’il entreprend est de se rendre présent à son ami par la pensée, par la prière. Il prend le temps de le confier à Dieu, de discerner le bien le plus parfait pour son ami. Le Christ nous enseigne que le meilleur bien à souhaiter pour son ami est le bien que Dieu veut pour lui et son entourage.  Jésus aurait pu se mettre en marche tout de suite pour délivrer Lazare de sa maladie. Au lieu de cela, il attend le moment pour tirer Lazare de la mort. Le Christ décide alors de partir à la rencontre de Lazare et de ses soeurs au moment où ils ont le plus besoin de son amitié.
Car des amitiés, ils en avaient. Combien de juifs étaient venus auprès de la famille de Béthanie pour être avec eux et les consoler? Mais la présence de leurs amis ne suffit pas à les tirer de leur peine. Et au lieu de les sortir de leur deuil, ils les écrasent de leurs larmes. Jésus arrive aux portes de la ville. A peine Marthe le sait-elle, qu’elle se lève pour aller à la rencontre du Christ. Elle fait dire en secret à sa soeur Marie que le maître est là: elle se lève à son tour pour aller à la rencontre de son Seigneur. La tendresse déborde dans ce récit et elle est d’abord consolation. Le Christ prend le temps d’être avec chacun des membres de la famille. Il porte leur chagrin. En voyant Marie si triste, le Christ frémit de tout son être. Il se trouble et pleure avec Marie qui pleure. Le Christ console Marthe et Marie en prenant sur lui leur chagrin. Il comprend l’état de leur cœur, l’état de leur âme. Il pleure avec ceux qui pleurent. Cette consolation que le Christ témoigne auprès de ses amis n’est pas qu’un sentiment de complaisance, il est un moment de confiance totale, de compréhension de l’autre.
Toutes les deux arrivent vers Jésus et lui disent : « Si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ». A Marthe, le Seigneur répond par ces paroles d’espérance : « ne t’inquiète pas, je suis la Résurrection et la vie, crois seulement et ton frère vivra ». A Marie, le Seigneur répond par ses larmes et les pas posés pour aller au tombeau de Lazare. Se tenant devant la porte du tombeau, il prononce cette parole qui se réalise: « Lazare, viens dehors ! Sors de ton tombeau » ! Cette parole n’est-elle pas le signe de la plus belle amitié du Christ envers Lazare et ses soeurs, et envers tous les témoins de cette scène? Le Christ, par cet acte, dévoile toute la profondeur de son amitié. L’ami veut le bien de ses amis : qu’ils vivent. Le Christ veut le bien le plus parfait qui est de nous conduire à son Père et de vivre de sa vie.  Il veut par là témoigner en vérité de ce qu’il dit : il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

L’adoration : l’onction à Béthanie

L’Évangile – Jn 12, 1-11 (ou Mc 14, 3-9 ; Mt 26, 6-13)

Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, celui qu’il avait ressuscité d’entre les morts. On donna un repas en l’honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était avec Jésus parmi les convives. Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie par l’odeur du parfum. Judas Iscariote, l’un des disciples, celui qui allait le livrer, dit alors : « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? » Il parla ainsi, non parce qu’il se préoccupait des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait pour lui ce que l’on y mettait. Jésus lui dit : « Laisse-la ! Il fallait qu’elle garde ce parfum pour le jour de mon ensevelissement. Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. » Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait ressuscité d’entre les morts. Les chefs des prêtres décidèrent alors de faire mourir aussi Lazare, 11 parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s’en allaient, et croyaient en Jésus.

Méditation
Après la résurrection de Lazare, le Christ est parti se réfugier à Ephraïm. Il est loin de la menace causée par les juifs qui ont décidé de le saisir et de le tuer. Il reste seul avec ses disciples. La Pâque se rapproche. Avant d’entrer solennellement à Jérusalem, le Christ fait étape à Béthanie. Il y retrouve ses amis : Lazare, Marthe et Marie. Ils sont tous invités à un dîner donné en l’honneur du Christ. Marie se glisse auprès du Christ avec un parfum d’un grand prix et d’une grande finesse. En plein milieu du repas, elle enlève le bouchon du flacon de parfum. La salle s’embaume de son agréable odeur. Les regards des convives fusent et cherchent d’où provient cette odeur. Ils voient Marie-Madeleine le flacon à la main qui verse délicatement le nard si précieux sur les pieds de Jésus. Elle les essuie tendrement avec ses cheveux.
Ce geste de Marie suscite de vifs commentaires. Judas s’offusque. ce geste est inutile, luxueux et scandaleux. Il est inutile car il ne répond à aucun besoin. Il est luxueux par son prix et sa valeur, par le fait  de dépenser autant d’argent pour ce geste. Il est scandaleux car il aurait été beaucoup plus profitable de vendre ce parfum et de donner l’argent de la vente aux pauvres. Le Christ prend une nouvelle fois la défense de Marie car ce geste est si profond, si riche et si gratuit !
Ce geste est profond car il montre toute la reconnaissance de Marie-Madeleine envers les oeuvres de Dieu. Par ce geste, Marie-Madeleine rend grâce pour toutes les oeuvres du Salut que le Seigneur a accompli envers ses proches, elle-même et tous les hommes. Son geste est l’éclat d’une prière où elle reconnaît dans le Christ tous les actes sauveurs qu’il a pu poser envers toutes les personnes qu’il a rencontrées dans ses villes traversées et chemins parcourus. Elle qui a suivi le Christ a pu reconnaître que tous ses actes et ses paroles ne peuvent venir de la puissance de l’homme. Seul Dieu a pu poser de telles oeuvres.
Ce geste est riche d’adoration. Les oeuvres du Seigneur manifestent sa divinité. Marie-Madeleine ne s’y trompe pas. Elle voit et elle croit. Par cet acte, Marie-Madeleine rend hommage à la Trinité toute entière. Elle adore le Père qui a envoyé son fils unique pour dispenser son Esprit, l’Esprit-Saint. Elle adore le pasteur selon le coeur de Dieu tant attendu par les prophètes pour venir chercher les pécheurs et les conduire à la vie éternelle. Elle adore le Fils de Dieu venu accomplir en tous points la volonté de son Père. Elle adore celui qui est la Résurrection et la vie comme il l’a dit en paroles et en actes quand il a tiré Lazare du tombeau.
Ce geste est un véritable don, totalement gratuit, qui ne demande aucun retour. Marie-Madeleine offre à Jésus ce qu’elle a de plus beau, ce qu’elle a de plus cher. « Et pourtant, se dit-elle, qu’est-ce que ce don par rapport au don que Dieu nous fait »? Dieu nous donne la vie. N’est-ce pas pour Lui inutile, luxueux voire scandaleux? Que peut-Il attendre en retour ? Dieu n’a pas besoin de nous pour vivre, pour être plus grand, plus beau, plus vrai, plus bon, plus parfait. Dieu se suffit à Lui-même. La vie qu’Il nous donne n’ajoute rien à Sa perfection, à Son être. La vie que Dieu nous donne est luxueuse car Il nous donne tout. Il nous donne d’être à Son image. Il nous invite à Sa ressemblance. L’homme dans la liberté donnée par Dieu a voulu être comme Dieu et sans Dieu. Dieu, fidèle à Lui-même est venu jusqu’à nous en préparant la venue de Son Fils, jusqu’à nous donner Son Fils pour que le Christ se donne et nous ouvre les portes de la vie éternelle. Il nous donne d’être Ses fils par l’Esprit de son Fils, l’Esprit-Saint qu’il donne en plénitude. Marie-Madeleine a raison de donner tout ce qu’elle a. D’ailleurs, ce geste nous dit le Christ, sera annoncé partout où l’évangile sera annoncé.

Au pied de la croix

L’Évangile
Mc 15, 40-41
40 Il y avait aussi des femmes, qui regardaient de loin, et parmi elles, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques le petit et de José, et Salomé, 41 qui suivaient Jésus et le servaient quand il était en Galilée, et encore beaucoup d’autres, qui étaient montées avec lui à Jérusalem.
Mt 27, 55-56
55 Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient à distance : elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir. 56 Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.
Lc 23, 55-56
55 Les femmes qui accompagnaient Jésus depuis la Galilée suivirent Joseph. Elles regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé. 56 Puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit.
Jn 19, 25
25 Or, près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la soeur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine.

Méditation
Après cet hommage donné en l’honneur du Christ, Jésus monte à Jérusalem. Il entre dans cette ville, acclamé par la foule. Ensuite, il demande à ses apôtres de préparer la fête de la Pâque. Le repas de la Pâque prend une ambiance particulière. Jésus leur donne son testament spirituel, il donne le pain et le vin signe de la nourriture spirituelle de son corps et de son sang. Judas quitte le repas pour livrer Jésus, Pierre lui promet fidélité alors que Jésus lui dit qu’il va ce soir le renier par trois fois. Ils s’en vont au jardin des Oliviers. Le Christ prie et accepte la coupe que lui tend son père. Il est arrêté par les soldats. Il est mené devant le sanhédrin. Le lendemain matin, il est devant Pilate qui ne voit en Jésus aucun motif de condamnation. Devant la foule qui hurle : « Crucifie-le! », Pilate cède, libère Barabas et condamne à mort le Christ.
Le Christ est chargé de sa croix. Il monte la colline de la mort. Sa mère et Marie-Madeleine, accompagnées de quelques autres femmes et de Jean, l’accompagnent de loin. Ils le suivent. Il tombe trois fois. Interminable est la douleur que le Christ subit. De l’autre côté, Marie-Madeleine a une lueur d’espoir, elle espère un instant que Jésus sera délivré du châtiment qui s’abat sur le pasteur. Elle a tellement vu de miracles s’opérer dans les mains du Christ. Arrivant au lieu du dernier supplice, elle prend conscience que rien ne pourra détourner Jésus de cette situation. Elle ne comprend rien et se résout à accepter le triste sort de celui qui s’est déclaré être la source d’eau jaillissant en vie éternelle (Jn 4, 14), celui qui vient accomplir la volonté de celui qui l’a envoyé (Jn 5, 30), le pain de vie (Jn 6, 35), Je Suis (Jn 8, 24), le bon pasteur (Jn 10, 11), le Fils de Dieu (Jn 10, 36), la Résurrection (Jn 11, 24), le Chemin, la Vérité, la Vie (Jn 14, 6). Il arrive au calvaire où il est dénudé. Marie-Madeleine le voit s’élever de terre, étendre ses bras sur le bois de la croix. Elle entend les dernières paroles que Jésus adresse à son Père, au bon larron, à sa mère, à Jean, au centurion.
Jésus ne parle pas à Marie-Madeleine. Marie-Madeleine ne parle pas à Jésus. Ils restent dans le silence de la souffrance. « Autrefois elle a répandu en silence ses larmes et ses odeurs à Jésus, car vous voyez que chez le pharisien elle ne dit mot, et au banquet de Béthanie, où elle réitère sinon ses larmes, au moins ses parfums, elle le fait encore sans paroles, toujours aimante et épandant toujours son cœur et son esprit. Comme donc elle répand et ses larmes et ses odeurs sur Jésus en silence, aussi Jésus répand maintenant son sang sur Madeleine en silence. Lors elle était sans parole, mais non sans amour vers Jésus ; et maintenant Jésus n’est pas sans amour vers Madeleine, bien qu’il soit sans parole. La puissance de son esprit, et de son esprit souffrant, est étendue sur Madeleine, et elle entre par amour en conformité d’esprit et d’état avec Jésus. Elle souffre par amour ce que Jésus souffre par les juifs, et cette croix crucifie Madeleine en Jésus et avec Jésus, ces épines couronnent et navrent Madeleine aussi bien que Jésus, et ce fer de lance qui perce le cœur mort de Jésus perce le cœur vivant de Madeleine. » Pierre de Bérulle, extrait d’Au pied de la croix

L’ensevelissement du Christ

L’Évangile
Mc 15, 42-47
Déjà le soir était venu ; or, comme c’était la veille du sabbat, le jour où il faut tout préparer, Joseph d’Arimathie intervint. C’était un homme influent, membre du Conseil, et il attendait lui aussi le royaume de Dieu. Il eut le courage d’aller chez Pilate pour demander le corps de Jésus. Pilate, s’étonnant qu’il soit déjà mort, fit appeler le centurion, pour savoir depuis combien de temps Jésus était mort. Sur le rapport du centurion, il permit à Joseph de prendre le corps. Joseph acheta donc un linceul, il descendit Jésus de la croix, l’enveloppa dans le linceul et le déposa dans un sépulcre qui était creusé dans le roc. Puis il roula une pierre contre l’entrée du tombeau. Or, Marie Madeleine et Marie, mère de José, regardaient l’endroit où on l’avait mis.
Mt 27, 57-61
Le soir venu, arriva un homme riche, originaire d’Arimathie, qui s’appelait Joseph, et qui était devenu lui aussi disciple de Jésus. Il alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna de le lui remettre. Prenant le corps, Joseph l’enveloppa dans un linceul neuf, et le déposa dans le tombeau qu’il venait de se faire tailler dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau et s’en alla. Cependant Marie Madeleine et l’autre Marie étaient là, assises en face du tombeau.

Méditation
Marie-Madeleine reste un moment au pied de la croix. Les gardes descendent le corps de Jésus. Ils le donnent à Marie sa mère. Elle prend son fils sur ses genoux, lève la tête vers le ciel et pleure. Marie-Madeleine, à genoux, pleure aussi sur les pieds de Jésus. De son côté, Joseph d’Arimathie enlève le corps de Jésus (Jn 20, 38). Il l’enveloppe dans un linceul et le dépose dans le tombeau qu’il s’était fait creuser dans le roc (Mt 27, 59). Marie-Madeleine suit de près Joseph d’Arimathie. Elle voit où il le dépose (Mc 15, 47). Marie-Madeleine reste un moment assise près du sépulcre (Mt 27, 59). Elle est abattue, fatiguée, anéantie… Son regard est vide. Les larmes de la tristesse coulent sur son visage. Son maître est maintenant allongé dans le tombeau, sans vie. Elle retrace dans son esprit tous ces derniers moments de l’arrestation de Jésus jusqu’à sa mort sur la croix.
Mille questions surgissent en son esprit. Pourquoi a-t-il crié à son Père : « Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font »? Pourquoi a-t-il dit à un des deux larrons « aujourd’hui, tu seras dans le Royaume éternel avec moi »? Pourquoi a-t-il exprimé : « Elie, pourquoi m’as-tu abandonné »? Pourquoi quand il gémit « j’ai soif », lui donne-t-on du vinaigre? Pourquoi s’est-il adressé à sa mère en regardant Jean : « femme, voici ton fils »? Pourquoi s’est-il adressé à Jean en regardant sa mère : « Jean, voici ta mère »? Pourquoi a-t-il proclamé dans un dernier effort : « tout est achevé, entre tes mains je remets mon esprit »? Pourquoi les soldats ne lui ont-ils pas brisé les jambes comme aux deux larrons? Pourquoi les soldats lui ont-ils percé le coeur avec une lance une fois qu’il était mort? Pourquoi de l’eau et du sang ont jailli de la plaie? Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi?
Toutes ces questions n’avaient en Marie-Madeleine aucune réponse. Après tant d’agitation dans son esprit, Marie-Madeleine revient à la réalité. Levant les yeux, elle aperçoit le tombeau où le corps du maître repose. Il est bien mort. Il est inévitable que Marie-Madeleine se pose toutes ces questions. Elles ne résoudront pas le fait que Jésus est mort. Elle accepte que la seule vérité qu’elle détient est sa mort. La seule chose à faire en ce moment est d’accepter sa mort : Jésus est mort. Dans le tombeau, Marie-Madeleine dépose toutes ses interrogations, toute sa faiblesse. Elle accepte ainsi que Jésus ne soit plus. Il est absent. Il n’est plus là vivant auprès d’elle. Mais alors, que ferai-je sans lui? Qui suivre maintenant? Qui écouter? Que faire? Accepter qu’il soit mort, je l’accepte. Mais comment vivre sans lui ? N’avait-il pas les paroles de la vie éternelle ? N’était-il pas le chemin, la vérité, la vie? Oh Seigneur, je suis en train de comprendre et de prendre conscience que la vie sans toi est si triste, si vide, si morte. Oh Seigneur, comment puis-je être sans toi? Oh Seigneur, je fais l’expérience douloureuse que sans Ta parole, sans Ton amour, je ne suis plus. Oh Seigneur, je prends conscience de ma faiblesse humaine. Sans Toi, je ne suis rien.

La résurrection du Christ

L’Évangile – Jn 20, 1-17 ou Mt 28, 1-8 ; Mc 16, 1-8 ; Lc 24, 1-8
Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu’il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a mis. » Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas vu que, d’après l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. Ensuite, les deux disciples retournèrent chez eux.
Marie Madeleine restait là dehors, à pleurer devant le tombeau. Elle se penche vers l’intérieur, tout en larmes, et, à l’endroit où le corps de Jésus avait été déposé, elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds. Ils lui demandent : «Femme, pourquoi pleures-tu ?» Elle leur répond : «On a enlevé le Seigneur mon Maître, et je ne sais pas où on l’a mis.»
Tout en disant cela, elle se retourne et aperçoit Jésus qui était là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui demande : «Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ?» Le prenant pour le gardien, elle lui répond : «Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et moi, j’irai le reprendre.» Jésus lui dit alors : «Marie !» Elle se tourne vers lui et lui dit : «Rabbouni !» ce qui veut dire : «Maître» dans la langue des Juifs. Jésus reprend : «Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père.»

Méditation
Le dimanche, à l’aube, Marie-Madeleine, accompagnée de quelques femmes, vient au tombeau. En chemin, elles se demandent qui va leur ouvrir la porte. Stupeur, à leur arrivée, elles voient que la porte est ouverte. Marie-Madeleine se précipite auprès des apôtres enfermés au cénacle. Pierre lui ouvre. Marie-Madeleine s’écrie : « on a enlevé le corps du Seigneur ». Pierre et le disciple bien-aimé courent au tombeau. Le disciple arrive le premier et passe la tête. Pierre le rejoint et entre le premier dans le tombeau. Le corps n’y est plus, les linges sont rangés et pliés. Pierre et le disciple bien-aimé retournent chez eux. Marie-Madeleine reste. Elle n’a qu’un seul désir, retrouver le corps de son maître. Deux anges lui apparaissent et lui disent : « pourquoi cherches-tu le vivant parmi les morts ? » Elle aperçoit un homme. Elle va à sa rencontre. L’homme lui dit : « qui cherches-tu? pourquoi pleures-tu? » et elle lui rétorque : « si c’est toi qui a pris le corps de Jésus, dis-moi où tu l’as mis ». Et là, l’homme prononce un mot, son prénom : « Marie ». Et là, Marie, en un instant reconnaît l’homme qui est devant elle, le Christ. Il est vivant, il est ressuscité. La rencontre du matin de Pâques entre le Ressuscité et Marie-Madeleine se termine par ce dialogue prodigieux où Marie-Madeleine, dans son allégresse, se jette à ses pieds. Le Christ la retient et lui rétorque : « Noli me tangere », « Ne me touche pas. Je ne suis pas encore monté vers le Père. Mais va trouver mes frères et dis-leur : « je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu (Jn 20, 17). » » Par sa réplique, le Christ veut lui expliquer toutes les raisons pour lesquelles il devait mourir et ressusciter d’entre les morts.
S’il a accepté de mourir sur la croix, c’est bien pour ressusciter et prendre place auprès de son Père et notre Père, vers son Dieu et notre Dieu. Maintenant qu’il est ressuscité, il n’est plus nécessaire à Marie-Madeleine de vouloir retenir le Christ. Car si le Christ est ressuscité, il monte vers son Père. Ainsi, le Christ sera désormais toujours avec elle. Il le sera d’une autre manière. Certes Marie-Madeleine ne le verra plus, elle ne le suivra plus. Sa présence auprès d’elle en sera d’autant plus forte car en montant vers son Père, il sera présent au plus intime de son coeur. Le Christ s’est abandonné dans la volonté de son Père, il a vécu la Passion, toutes ses souffrances, toutes ses humiliations en union avec le Père et l’Esprit-Saint. Il s’est offert en victime sans tâche, pure et sainte. Il a offert le sacrifice parfait. Il a été cloué sur le bois de la croix, lieu de l’offrande de sa vie. Il est mort. Il a été déposé dans le tombeau. Il est descendu aux enfers pour que son Père vienne le chercher au troisième jour. Il l’a tiré de ce lieu d’indifférence pour le conduire au milieu des anges vers le trône qu’il lui a préparé depuis l’éternité, à sa droite. Et dans cette Ascension, il a ouvert les portes à Adam, tous les patriarches, et tous les prophètes, tous ceux qui ont cru en lui, tous ceux qui se sont jetés dans sa miséricorde. Marie, lui dit-il, mon père n’est pas que mon père, c’est aussi votre Père. Mon Dieu n’est pas que mon Dieu, c’est aussi votre Dieu. Ne me retiens pas. Ma place n’est plus ici. J’ai fini l’oeuvre que le Père m’avait confié ici bas. Ma place est maintenant auprès de mon Père.
Notre Père m’a permis de venir te rencontrer pour que tu saches, que tu comprennes, que tu prennes conscience de tout. Marie, crois-moi, j’ai vaincu la mort. La mort n’a eu aucune emprise sur moi. Je suis vivant. Je suis ressuscité. Marie, crois-moi, la mort n’a plus aucune emprise sur toi, sur Pierre, sur mes disciples, sur tous ceux qui se mettent à mon école et me suivent comme tu m’as suivi. J’ai ouvert les portes de la vie éternelle. le royaume de mon Père vous est maintenant disponible. Par ma mort, ma résurrection et mon ascension, je vous offre la grâce nécessaire à votre purification, à votre sanctification, à votre glorification. Par ma mort et ma résurrection, vous êtes délivrés de la conséquence du péché originel. Par ma mort et ma résurrection, je vous donne comme Père adoptif mon Père des cieux. Vous êtes ses fils et filles adoptifs. Tu as bien vu, de mon coté transpercé ont jailli l’eau et le sang. Le sang est cette eau vive dont je vous ai tant parlé. L’eau signifie mon corps qui est l’Eglise dont vous êtes les membres par cette grâce acquise sur la croix et par ma mort. Par la grâce et par l’Eglise, vous êtes intégrés comme membre à mon corps. Je vous donne de partager ma vie, la vie de mon père avec l’Esprit-Saint dans l’éternité. Prends-tu conscience du don immense que mon Père te propose et propose à tous les hommes? Car tous les hommes sont ses enfants. Tous les hommes ont été créés à son image et pour sa ressemblance. Tous les hommes de toute race, langue, peuple et nation sont invités à déguster le banquet des noces de l’agneau. Prends conscience de la vie à laquelle toi et tes frères êtes appelés. Vis la dès maintenant car elle est digne d’être vécue. Respecte-la car elle est belle. Comprends qu’elle est un don de Dieu. Comprends sa valeur inestimable.
Tu comprends maintenant la raison pour laquelle j’étais le pasteur tant attendu et tant annoncé par les prophètes. Tu perçois mieux maintenant le pâturage dont je t’ai parlé. Imagine que les beaux moments que nous avons échangé avec les disciples ne sont que les prémices de ce à quoi je t’appelle pour et dans l’éternité. Je suis la béatitude promise. Je suis le pauvre de cœur qui ouvre le Royaume des Cieux. Je suis le doux qui promet la terre promise et nous y fait entrer. Je suis le consolateur des affligés. Je suis celui qui rassasie les affamés et assoiffés de la justice. Je suis le miséricordieux qui fait miséricorde. Je suis le cœur pur qui nous fait voir Dieu. Je suis l’artisan de paix par qui nous sommes fils de Dieu. Je suis le persécuté pour la justice qui ouvre les portes du Royaume des Cieux. Marie-Madeleine, sois dans la joie d’être comblée par le Christ et sois sûre que par moi, tu trouveras le repos, la paix et la Béatitude. Je t’ai ouvert les portes du bonheur insaisissable par toi-même et qui est aussi l’objet du désir inscrit au plus profond de ton être.

L’Apôtre des Apôtres

L’Évangile – Jn 20, 17-18 ; Lc 24, 9-12 ou Mc 16, 9-11 ; Mt 28, 9-10
Jn 20, 17-18
Jésus reprend : « Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur, et voilà ce qu’il m’a dit. »
Lc 24, 9-12
Revenues du tombeau, elles rapportèrent tout cela aux Onze et à tous les autres. C’étaient Marie Madeleine, Jeanne, et Marie mère de Jacques ; les autres femmes qui les accompagnaient disaient la même chose aux Apôtres. Mais ces propos leur semblèrent délirants, et ils ne les croyaient pas. Pierre cependant courut au tombeau ; mais en se penchant, il ne vit que le linceul. Il s’en retourna chez lui, tout étonné de ce qui lui était arrivé.

Méditation
Pour ne pas garder pour soi ce trésor inestimable que le Christ donne à Marie-Madeleine, Jésus l’envoie auprès de ses apôtres. Marie va trouver ses frères et leur dit tout ce que le Christ lui a dit.  Mais comme elle  n’avait pas cru et compris les paroles de l’ange, il en est de même pour les disciples. Ils la prennent pour une folle. Ils croient que les paroles de Marie sont des racontars. Ne nous étonnons pas de la réaction des disciples. Les disciples d’Emmaüs eux non plus n’ont pas cru à la rumeur qui circulait en ce premier jour de la semaine. Eux-mêmes ont appris tout ce qui s’était passé. Eux aussi ont entendu que certaines femmes avaient vu le tombeau ouvert et vide, qu’elles avaient même vu et entendu les anges leur affirmer la résurrection du Christ. Thomas non plus n’a pas cru l’histoire que Marie-Madeleine leur avait raconté ni les onze quand ils lui rapportèrent l’apparition de Jésus alors qu’ils étaient enfermés dans la maison.
Marie-Madeleine, les disciples d’Emmaüs, les onze et Thomas nous font prendre conscience que nous avons beau entendre les anges et ceux qui ont été témoin du Christ ressuscité, tout cela ne nous fait pas croire pour autant à la Résurrection du Christ. Pour croire et vivre la Résurrection, il est primordial de rencontrer personnellement le Seigneur. Il est essentiel qu’il vienne à nous, qu’il se tienne à nos côtés, qu’il nous explique toute les écritures, qu’il nous montre ses plaies, qu’il fractionne le pain. Il est essentiel que le Christ vienne à nous mais plus encore qu’il se dévoile à nos intelligences. Et même, après l’avoir reconnu et vu une fois, les onze apôtres qui pêchent sur le bord du lac de Galilée ne le reconnaissent pas à la première vue. Il est nécessaire que Jésus leur dise de jeter les filets à droite et qu’ils prennent un bon nombre de poissons pour qu’ils puissent reconnaître en cet homme le Seigneur. Et aujourd’hui, comment le reconnaître, comment vient-il à nous? Il est là au plus intime de nos coeurs et tout spécialement chez ceux qui reçoivent le Saint-Esprit au jour de leur baptême. Car en ce jour, Dieu vient demeurer au plus intime de nous-mêmes. Il fait de nous des fils adoptifs, des temples de son Esprit, des membres de son corps qui est l’Eglise. Il est à nos côtés à chaque fois que nous lisons les évangiles et que nous les comprenons, que nos coeurs brûlent à l’écoute de la parole et à son explication. Il est là et se laisse voir à chaque fois que nous célébrons un sacrement et notamment l’eucharistie où nous le reconnaissons à la fraction du pain. Il est là à chaque fois que nous nous laissons toucher par le baume de la miséricorde qui vient guérir les cicatrices dues au péché dans le sacrement de la réconciliation. Il est là à chaque fois que nous aimons notre prochain comme Dieu nous a aimés. C’est à l’amour que vous aurez pour les autres qu’ils reconnaîtront que je suis présent et que j’agis en vous et par vous.
Une fois que tous ont reconnu le Christ ressuscité, Jésus les envoie en mission. Il leur dit : “allez enseigner tous les peuples, que l’univers voit le Salut de Dieu.” Allez, parcourez le monde et donnez leur la bonne nouvelle du Salut. Dites-leur ce que je vous ai enseigné. Montrez-leur l’amour de mon Père. Rendez-moi présent à eux par la grâce. Ne gardez pas pour vous ce qui comble vos âmes et vos coeurs. Ne vous inquiétez pas, je serai avec vous, je vous assisterai, je vous accompagnerai car je vous envoie mon Esprit. Je vous donne Pierre comme pasteur de mes brebis. Et vous aussi, sous son autorité, soyez des pasteurs de mon peuple. Avant de partir, priez. « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit-Saint qui descendra sur vous. Vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8).

À la Sainte-Baume

Sa prédication en Provence

Après la Résurrection, Marie-Madeleine, Marthe et Lazare et leurs compagnons décident de partir en barque. Ils arrivent aux Sainte-Marie-de-la-mer. Ils continuent leur route à travers la Provence, laissant Marthe à Tarascon, Lazare à Marseille. Marie-Madeleine reste un peu de temps auprès de son frère et annonce la bonne nouvelle.
Ensuite, elle décide de partir et elle suit le cours de l’Huveaune qui l’amène à la Sainte-Baume. Séduite par la beauté du site, Marie-Madeleine décide d’y demeurer. Elle vit en ermite, priant, confiant au Seigneur toutes les personnes qu’elle a pu croiser, toutes les personnes qui viennent à sa rencontre, toutes les personnes qui viennent se réfugier auprès d’elle et lui demander secours.
Elle ne demande qu’une seule chose au Seigneur : que son oeuvre de grâce dont elle a bénéficié continue d’agir dans les coeurs de tous les hommes. Depuis, bien des hommes et des femmes sont venus en pèlerinages intercéder auprès de sainte Marie-Madeleine.

Son rayonnement à travers les âges

Marie-Madeleine fut un de ces premiers évangélisateurs dont nous parle la tradition de Provence. Elle trouva à la sainte grotte une solitude pour adorer le Sauveur. Son corps retrouvé dans la crypte de Saint Maximin est vénéré comme étant celui de Marie- Madeleine. Les reliques des saints sont vénérables, car à travers elles c’est l’oeuvre de Dieu que recherchent et admirent les chrétiens. Marie-Madeleine reste ainsi vivante ; et c’est là le sens de ce pèlerinage qui lui est dédié. Les origines du pèlerinage de la Sainte- Baume sont obscures ; on pense que dès le Ve siècle, des moines vinrent chercher la solitude dans la forêt et les grottes de la Sainte Baume. Nul doute qu’ils étaient attirés là par l’antique tradition de Marie-Madeleine. En 1254, au retour de la septième Croisade, saint Louis, roi de France, entendant parler de la Sainte Baume, tint à y venir lui-même avec ses chevaliers ; ce pèlerinage royal eut un très grand retentissement.
En 1279, Charles II de Provence rechercha les reliques de sainte Marie-Madeleine. Il les trouva dans la crypte de Saint-Maximin. Les reliques furent authentifiées auprès du pape. En 1295, les Dominicains sont installés à Saint-Maximin et à la Sainte-Baume. Leur tâche est d’accueillir les nombreux pèlerins qui viennent se réfugier auprès de sainte Marie-Madeleine. En 1793, un incendie, accompagné de pillages et de profanations par les révolutionnaires, détruisit jusqu’à l’anéantissement la Sainte-Baume. En 1851, les Dominicains reprennent la garde du sanctuaire grâce au P. Lacordaire. Ce dernier cherche à rendre témoignage à l’Évangile : « Quand le Fils de Dieu, écrit-il dans son étude sur sainte Marie-Madeleine, vient pour sauver les hommes, nul d’eux ne s’étonne que l’Évangile soit un livre d’amour et l’amour le livre du salut ». Il veut que ce lieu parle des amitiés les plus belles : « Ce fut là, dit-il, en ce monde, le sommet des affections humaines et divines » : « Jésus-Christ a aimé les âmes, et il nous a transmis cet amour qui fut le fond même du christianisme… C’est l’amitié, telle que Dieu fait homme et mort pour ses amis, pouvait la concevoir. » Les grands de la terre vinrent en pèlerinage à la Sainte Baume ; mais le souvenir le plus vivant est celui des saints nombreux qui vinrent prier ici. De nos jours, ce courant apparaît toujours bien vivant : pèlerins anonymes ou groupés viennent à la Sainte-Baume.

Les grâces à demander

Auprès de sainte Marie-Madeleine, ayez à coeur de demander :

La grâce de la prière : en vue de faire l’expérience de la présence de Dieu au plus intime de votre coeur.

La grâce de la conversion : laissez Dieu façonner votre coeur et laissez-vous réconcilier avec lui, laissez-le vous fortifier.

La grâce de la prédication : que la joie de ce trésor reçu vous donne la joie d’annoncer les merveilles de Dieu.

Quelques prières

Intercédez

Intercede, supplicans assidue pro nobis, Jesu Domino, Maria Magdalena
Intercédez et suppliez sans cesse pour nous  Jésus, ô Bienheureuse Marie-Madeleine.

Ô lumière du monde

Ô lumière du monde! Ô perle resplendissante! Vous qui en annonçant la résurrection de Jésus-Christ, êtes devenue, l’apôtre des apôtres, tenez-vous constamment en notre faveur auprès du trône de Dieu, dont vous êtes l’amie préférée; soyez notre refuge et notre avocate.

Prière à sainte Marie-Madeleine

Sainte Marie-Madeleine,
toi qui as été pardonnée par Jésus,
toi qui as beaucoup aimé ;
Montre-nous le chemin de la conversion véritable
et de la pureté du coeur.
Par amour, tu as suivi Jésus pour le servir ;
Apprends-nous à livrer gratuitement notre vie
pour nos frères.
Tu te trouvais près de la croix de Jésus
auprès de Marie et Jean ;
Obtiens la grâce de la foi et de l’espérance
dans nos épreuves.
Au matin de Pâques, tu as reçu de Jésus la mission d’annoncer
la résurrection à ses disciples ;
Aide-nous à croire que la vie est plus forte
que la mort, que l’amour triomphe de tout.
Par ton intercession, nous confions au Seigneur…

Les reliques de sainte Marie-Madeleine à la Grotte

Les reliques de sainte Marie-Madeleine dans la Grotte

Prière d’un pénitent

Sainte Marie Madeleine,
toi qui as obtenu le pardon de Jésus
pour tous tes péchés,
toi qui l’as assisté jusqu’à son dernier soupir
au pied de la croix,
toi qui, la première, as été témoin de sa résurrection
et de la première annonce de la joie pascale,
je te supplie d’entendre ma prière.
Intercède pour moi auprès de notre Seigneur Jésus Christ
afin qu’il m’accorde son pardon pour tous mes péchés,
pour mes doutes,
pour mon manque de bonté et de charité
envers mes proches
et tous ceux que j’approche,
et pour toutes mes erreurs commises
volontairement ou involontairement.
Maintenant que tu es près de Jésus,
ne m’abandonne pas dans ma détresse.
Fais que le Seigneur m’accorde l’absolution,
qu’il me permette de retrouver la sérénité,
la paix du coeur, de l’âme et de l’esprit.

Litanies de Sainte Marie-Madeleine

Seigneur, prenez pitié.  Seigneur, prenez pitié
O Christ, prenez pitié. O Christ, prenez pitié
Seigneur, prenez pitié. Seigneur, prenez pitié
Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, prenez pitié nous
Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous

Sainte Marie-Madeleine, priez pour nous
Sainte Marie-Madeleine, portant le vase d’albâtre, plein de parfum, priez pour nous
Sainte Marie-Madeleine, arrosant de vos larmes les pieds de Jésus, priez pour nous
Sainte Marie-Madeleine, les essuyant de vos cheveux, priez pour nous
Sainte Marie-Madeleine, les baisant avec ardeur, priez pour nous
Sainte Marie-Madeleine, à qui beaucoup de péchés ont été pardonnés, priez pour nous
Sainte Marie-Madeleine, enflammée des ardeurs de la Charité, priez pour nous
Sainte Marie-Madeleine, très agréable au Seigneur, priez pour nous
Sainte Marie-Madeleine, très chère à Jésus, priez pour nous
Sainte Marie-Madeleine, choisissant la meilleure part, priez pour nous
Sainte Marie-Madeleine, obtenant la résurrection de votre frère Lazare, priez pour nous
Sainte Marie-Madeleine, assistant fidèlement Jésus en Croix, priez pour nous
Sainte Marie-Madeleine, restant près de lui, quand les disciples fuyaient, priez pour nous
Sainte Marie-Madeleine, première d’entre les disciples à mériter de voir le Christ ressuscité, priez pour nous
Sainte Marie-Madeleine, marquée au front par le contact de sa main glorieuse, priez pour nous
Sainte Marie-Madeleine, apôtre des apôtres, priez pour nous
Sainte Marie-Madeleine, apôtre de la Provence, priez pour nous
Sainte Marie-Madeleine, protectrice de l’Ordre des frères prêcheurs, priez pour nous
Sainte Marie-Madeleine, douce avocat des pénitents, priez pour nous

Afin que nous méritions de jouir un jour avec vous de la Présence du Seigneur pour toujours, priez pour nous
Agneau de Dieu qui enlevez le péché du monde, pardonnez-nous, Seigneur,
Agneau de Dieu qui enlevez le péché du monde, exaucez-nous, Seigneur
Agneau de Dieu qui enlevez le péché du monde, prenez pitié de nous.
V. Intercédez et suppliez sans cesse pour nous auprès du Seigneur Jésus, ô bienheureuse Marie-Madeleine,
R.  Afin que nous devenions dignes des promesses du Christ.

Prions : Ô Père très clément, répandez largement sur nous vos dons, pour que par l’intercession de la bienheureuse Marie-Madeleine, qui en aimant notre Seigneur Jésus-Christ par dessus tout a obtenu le pardon de ses péchés, nous obtenions nous aussi de votre miséricorde l’éternelle béatitude. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.